Tableau du langage corporel du chien : chaque signal expliqué (gratuit, à imprimer)
Un chien parle avec tout son corps, en même temps : la queue dit une chose, les oreilles la précisent, la bouche et les yeux tranchent, et le contexte donne le sens. C’est pour ça qu’un tableau « queue haute = content » ne marche pas : la même queue haute peut annoncer un jeu ou une morsure. Le tableau ci-dessous est construit autrement, par partie du corps, avec les signaux lus ensemble et classés par état : détendu, en alerte, stressé, ou « recule tout de suite ».
Tu peux le télécharger en image, l’imprimer pour le frigo, la salle d’attente du vétérinaire ou la classe des enfants, et le partager librement. Le reste de l’article explique chaque ligne, les erreurs qui coûtent des morsures, et l’échelle d’escalade que tout le monde devrait connaître.
Le tableau, et comment s’en servir
Lis-le par ligne : chaque partie du corps a ses signaux, du plus détendu au plus tendu. Puis croise : un chien n’est pas détendu parce que sa queue bat, il l’est si sa queue bat, que sa bouche est molle, que ses yeux sont doux et que son corps ondule. Dès que deux lignes se contredisent, queue qui bat mais corps raide, par exemple, c’est la tension qui gagne.
La queue
La hauteur dit le niveau d’excitation, le mouvement dit l’émotion, et la raideur dit la tension. Une queue à hauteur neutre, celle de la race au repos, qui balaie largement et mollement : un chien bien. Une queue haute et raide qui bat vite, à petits coups : un chien très activé, qui peut basculer dans le jeu comme dans la menace ; on regarde le reste. Une queue basse ou rentrée entre les pattes : inquiétude, envie de disparaître. Les études montrent même une asymétrie : un battement qui penche à droite accompagne plutôt les émotions positives, à gauche les négatives. Attention aux races à queue coupée ou enroulée, comme le husky : la queue y est moins lisible, et on s’appuie plus sur le reste. Détail dans notre page sur la queue qui remue.
Les oreilles
Les oreilles indiquent où va l’attention et comment le chien se sent face à ce qu’il regarde. Neutres et souples : rien de spécial. Dressées vers l’avant, pointées sur quelque chose : alerte, concentration, parfois le début d’une poursuite ou d’une garde. Plaquées en arrière, collées au crâne : peur ou apaisement, selon le reste du corps ; un chien qui t’accueille oreilles en arrière et corps ondulant est content de te voir, un chien figé oreilles en arrière a peur. Chez les races à oreilles tombantes, comme le labrador, on lit la base de l’oreille, qui avance ou recule quand même.
Les yeux
Des yeux doux, en amande, parfois plissés, avec des clignements : un chien à l’aise. Un regard fixe, dur, pupilles rondes, sans cligner : une tension forte, souvent juste avant un grognement ou une morsure ; on ne soutient jamais ce regard, on détourne et on s’éloigne. L’œil de baleine, quand le chien détourne la tête mais garde les yeux sur toi en montrant le blanc : un chien mal à l’aise qui voudrait que ça s’arrête, très fréquent pendant les câlins trop appuyés et les photos avec les enfants. Le détournement de tête franc, lui, est un signal d’apaisement : « je ne cherche pas le conflit ».
La bouche
C’est la partie la plus fiable, et la moins regardée. Bouche ouverte, molle, langue qui dépasse, commissures détendues : un chien bien, le fameux « sourire ». Bouche fermée, serrée, commissures tirées vers l’avant : la tension monte ; chez un chien qui jouait bouche ouverte, la fermeture soudaine de la gueule est le signe à ne pas rater. Le coup de langue sur les babines et le bâillement hors contexte, sans repas ni fatigue : des signaux d’apaisement, le chien se calme ou demande qu’on le laisse. Babines retroussées, dents visibles, grognement : un avertissement clair, qu’on remercie en reculant, et qu’on ne punit jamais, sous peine de supprimer l’avertissement et de garder la morsure.
Le corps et la posture
Corps souple, qui ondule, poids réparti, mouvements ronds : détendu. La révérence de jeu, avant-train au sol et arrière-train en l’air : « tout ce qui suit est un jeu », même si ça a l’air brutal. Corps figé, raide, poids vers l’avant, souvent avec un regard fixe : la tension maximale, et l’étape qui précède souvent la morsure ; on ne touche pas, on ne s’approche pas, on laisse de l’espace. Corps bas, ramassé, poids vers l’arrière, parfois tremblant : la peur ; un chien qui a peur et qui ne peut pas fuir finit par se défendre. Et le secouage à sec, comme après un bain, hors de toute eau : le chien remet les compteurs à zéro après un moment tendu, c’est un bon signe.
L’échelle d’escalade
Les chiens préviennent presque toujours, et dans un ordre assez constant, que la vétérinaire comportementaliste Kendal Shepherd a décrit comme une échelle. En bas, les signaux discrets : bâiller, se lécher les babines, détourner la tête. Puis se détourner du corps entier, s’éloigner, se coucher la patte levée. Puis se figer, grogner. Puis claquer des dents dans le vide. Et enfin mordre. Un chien dont on ignore ou punit les premiers barreaux apprend à les sauter, et on obtient le fameux « il a mordu sans prévenir » : il avait prévenu, en bas de l’échelle, pendant des mois.
Le tableau sert à ça : voir les premiers barreaux. Chez l’enfant, la règle simple est « si le chien détourne la tête, se lèche les babines ou se raidit, on arrête et on recule ».
Les trois erreurs qui coûtent le plus
Trois lectures fausses reviennent dans presque toutes les morsures « inexpliquées ».
- La queue qui bat veut dire content. Non : elle veut dire activé. Haute, raide, rapide, avec un corps figé, c’est une menace qui bat de la queue.
- Le ventre offert veut dire « gratte-moi ». Parfois. Mais un chien couché sur le dos, raide, la queue entre les pattes, le regard fuyant, dit « je me rends, laisse-moi » : le toucher à ce moment-là déclenche souvent la morsure.
- Le bâillement veut dire fatigué. Pendant un câlin, une photo, chez le vétérinaire, le bâillement est un signal de stress. Le chien demande qu’on arrête.
Imprimer, partager, aller plus loin
L’image est libre d’utilisation, avec la mention mimopet.fr : frigo, cabinet vétérinaire, salle de classe, refuge, forum, Pinterest. La version imprimable tient sur une page A4. Pour chaque signal, les pages questions du site détaillent ce qu’il faut regarder et faire, et notre guide complet du langage corporel du chien va plus loin sur chaque partie du corps, avec les signaux d’apaisement en détail.
Et si tu veux une lecture sur ton chien à toi, dans la vraie scène, dix secondes de vidéo suffisent à Mimo, qui applique exactement cette grille, avec un niveau de confiance.
Questions fréquentes
Une queue qui remue veut-elle dire que le chien est content ?
Pas toujours. Elle veut dire que le chien est activé. Une queue qui bat large et mollement avec un corps souple, oui, c’est de la joie. Une queue haute, raide, qui bat vite et court avec un corps figé, c’est une tension forte. On regarde toujours le reste du corps.
Que veut dire l’« œil de baleine » ?
Le chien détourne la tête mais garde les yeux sur ce qui l’inquiète, et on voit le blanc de l’œil en croissant. C’est un signe de malaise : il voudrait que ça s’arrête, souvent pendant un câlin, une photo ou quand on approche de sa gamelle. Recule et laisse-lui de l’espace.
Pourquoi mon chien bâille quand je le serre dans mes bras ?
Parce que le câlin serré, pour un chien, est une contrainte : il ne peut pas s’éloigner. Le bâillement est un signal d’apaisement, sa façon de dire « c’est beaucoup ». La plupart des chiens préfèrent un contact sur le côté, bref, qu’ils peuvent quitter.
Puis-je imprimer et partager le tableau ?
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Mis à jour le 6 octobre 2026. Mimo est un outil de lecture comportementale. Ça ne remplace pas un avis vétérinaire.